Composer une Image

La composition c’est l’arrangement conscient des éléments d’une image afin de créer une mise en scène. À travers la disposition de ces éléments, l’artiste communique des idées et des impressions au spectateur. Le but est de susciter chez ce dernier un intérêt et une curiosité pour son œuvre. Il décide de l’importance qu’il donne à tel ou tel motif, l’associe à d’autres, créer des tensions entre les formes et donne vie à son image. Des points d’attention habilement placés orienteront le regard de l’observateur et cette circulation de l’œil provoquera du sens. Composer c’est donc organiser une surface, ici une toile ou une feuille et selon son agencement global on pourra constater des phénomènes de perception visuelle évoquant :

- équilibre ou déséquilibre

- symétrie ou asymétrie

- statisme ou dynamisme/tensions

   Dans cet exercice on découvre l’importance des espaces vides, dits négatifs, de la manière de disposer des plans et de la perspective, celle-ci offrant un sens de lecture très efficace.

La Norme de Platon

 Voici la réponse de Platon, grand philosophe de la Grèce Antique, à un de ses élèves qui lui demandait comment s’y prendre pour composer un tableau : 

«Trouver et représenter la variété dans l’unité.»1

 Il s’agit d’un aménagement subtil, de combinaison entre l’unité et la diversité. Diversité dans les formes, les couleurs, l’organisation et unité pour l’harmonie globale (sensation d’évidence). 

«L’unité dans la variété. La diversité dans l’unité.»2

Exemple 1

Excès d’unité. Le manque de diversité donne à la composition un caractère statique et monotone.

 

Exemple 2

Excès de diversité. La composition est dispersée, à trop vouloir diversifier on a perdu l’unité.

 Exemple 3

La diversité dans l’unité. On peut mieux apprécier ici la variété des formes,

elles sont bien reliées entre elles et la dynamique est maintenue.

Le nombre d’Or

C’est Vitruve, un architecte au 1er siècle av. J.-C. qui établi la célèbre règle du nombre d’Or, il cherchait à travers un espace déterminé quel pourrait être l’emplacement parfait d’un point ou d’une ligne. En voici la loi, dite Loi du nombre d’or :

«Pour qu’un espace divisé en parties inégales soit harmonieux et esthétique, il devra y avoir entre la partie la plus petite et la partie la plus grande la même proportion qu’entre la plus grande et le tout.»3

 

Le nombre d’Or sur Wikipédia

  Pour trouver la section dorée par exemple, il faut multiplier la largeur ainsi que la hauteur de l’image par 0,618, en partant des sommets, vers la droite comme vers la gauche ou en partant du haut puis du bas. On obtient ainsi deux points sur chaque côté. En les reliant avec les points du côté opposé on obtient le fameux découpage de l’image. La section au centre s’appelle la section dorée, et les points d’intersection, des points dorés. C’est sur ces derniers que l’on pourra placer un ou des éléments clefs de l’image.

 

 

 

spirale orLa spirale d’Or

 Contenue dans un rectangle d’Or, cette spirale dite équiangulaire se rencontre beaucoup dans la nature : disposition sur certaines plantes des feuilles et des pétales, tournesols, pommes de pin, coquillages. Sans prendre en compte la spirale on peut utiliser le quadrillage obtenu pour composer avec.

La règle des tiers

  Plus simple que la règle d’Or, elle et très utilisée en photographie. L’image  sera divisée en trois dans la longueur et la largeur et permet un découpage loin des axes médians de l’image. Les divers éléments se placent sur les lignes verticales et horizontales ainsi que sur les intersections. Une ligne d’horizon se placera plus facilement sur l’une ou l’autre des lignes horizontales et l’ajout des diagonales permet d’ouvrir davantage la composition au mouvement.

 

Selon la manière dont on dispose les formes sur cette grille, les impressions seront différentes.

 

⚠ Ne pas mettre en concurrence deux éléments forts par contact (effet de pincement), il trouble la circulation du regard.


Composition académique centrée

 Une grille et un découpage facilement utilisable.

La symétrie

  D’une manière générale une image asymétrique sera plus attrayante qu’une image symétrique. Le format de départ influencera également la manière de composer. On ne compose pas de la même façon dans un carré ou un rectangle. Le carré est d’emblée une forme monolithique n’inspirant pas le mouvement ni la diversité. La symétrie donne à l’image un caractère figé et parfois manquant de subtilité.

  Puisqu’une surface trop régulièrement, trop symétriquement ordonnée, n’intéresse pas l’œil, on commencera par prendre soin qu’aucune des lignes fortes de la composition (ligne d’horizon, grandes lignes du décor, personnages vus «plein cadre»,etc.) ne passe jamais par les axes de l’image (axe horizontal et vertical), de sorte que celle-ci ne se trouve jamais divisée en deux parties d’égale surface. En particulier, il faudra faire attention à ce que les parties pleines de la composition (les masses) ne viennent pas diviser l’image en deux zones par trop symétriques.4

 Le sens de la lecture

 Dans une image, le regard est actif, circulant d’un point à un autre, il suit un chemin. L’artiste tentera volontairement d’organiser la circulation de ce regard en fonction du sens qu’il souhaite donner à sa création. Notre regard est formaté par le sens de lecture occidental s’effectuant de gauche à droite et l’exemple de l’escalier en fait la démonstration.

 

À gauche l’escalier semble descendre alors qu’à droite il semble monter. C’est une interprétation dû au sens de lecture, l’action commençant de la gauche vers la droite.
Formes géométriques simples
 
En fonction de ce sens de lecture, l’artiste peut disposer également de formes géométriques simples pour composer.  Il créer sa mise en scène et selon le schéma choisi orientera le sens expressif. Chaque élément jouera son rôle dans l’image, comme les notes sur une partition de musique.
Exemples de formules et sensations obtenues :
formules compo 

- équilibre, symétrie (1,4,6,8)

- déséquilibre (2,5)

- statisme (4,6,7)

- poids, gravité (7)

- dynamisme, tension (2,3,5,9)

La composition accompagne le sens, pour exemples ces images de René Magritte :

L’au-delà (poids, gravité)
La reproduction interdite (déséquilibre, dynamisme)
Les vacances de Hegel (statisme, symétrie)
La corde sensible (équilibre)

L’intensité d’un ton

 On compose également avec l’intensité des tons ou par les couleurs. L’effet d’un jaune ramène la forme au premier plan alors qu’un bleu aura tendance à l’éloigner. La qualité d’un clair-obscur déterminera l’ordre des plans et participera à la compréhension de l’image.

Exemple pour un paysage :

 

   Les plans sont clairement identifiables, on comprend l’espace.

Ici la zone sombre sensée correspondre à l’arrière-plan repasse devant et aplatit l’image, on est comme face à un mur, l’effet de perspective est perdu.

Pour une nature morte : Fond foncé ou clair ?

La lumière éclaire les objets et le fond foncé marque la profondeur. L’importance est donnée aux objets.

En fonçant les objets, il se placent comme à contre-jour.

Cela peut créer de la confusion car on se demande où est le sujet principal.

 

 

Règles de composition dans la peinture occidentale (lien Wikipédia)

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